Le puceron et la moutarde

Résumé : Les insectes " ravageurs des cultures " provoqueraient des pertes considérables si des méthodes de protection des cultures n'étaient pas mises en place. Parmi ces méthodes, la lutte chimique reste la moins chère, la plus facile à appliquer... et la plus utilisée. Cependant, face à la croissance de la population humaine et face aux pollutions liées à l'emploi de produits phytosanitaires, l'agriculture doit produire toujours plus, mais avec moins d'insecticides1. De nouvelles méthodes de régulation des populations de ravageurs sont donc recherchées. L'une d'entre elles, de plus en plus étudiée, est la lutte biologique " par conservation ". Elle consiste à utiliser d'autres organismes, les " auxiliaires des cultures ", qui sont des ennemis naturels des ravageurs : des prédateurs, comme les larves de coccinelles ou de chrysopes, ou des parasitoïdes, animaux dont les larves se nourrissent aux dépens de leur hôte et le tuent en fin de développement. L'introduction d'auxiliaires dans un nouveau milieu est une stratégie possible mais elle risque d'altérer les interactions entre espèces déjà présentes dans ce milieu. C'est pourquoi l'on cherche plutôt à augmenter l'impact, sur les populations de ravageurs, des auxiliaires naturellement présents, en implantant par exemple des haies offrant des abris ou des ressources favorables à leur survie. Au sein de notre équipe, nous étudions plus particulièrement le rôle potentiel, en protection des cultures de Brassicacées (famille du chou, du chou-fleur, du brocoli et du colza), que pourraient jouer les " mauvaises herbes " comme plantes ressources pour les prédateurs ou parasitoïdes des ravageurs. Pour cela, nous devons mieux connaître la dynamique, dans le temps et dans l'espace, des interactions entre les Brassicacées (cultivées et sauvages), les ravageurs (principalement les pucerons) et les ennemis naturels de ces pucerons. Nous avons mis en évidence le fait que Diaretiella rapae, principal parasitoïde du puceron du chou, est plus grand (et se reproduit sans doute mieux) lorsque ses hôtes colonisent des " mauvaises herbes " comme la moutarde sauvage. Maintenir ce type de plantes près des cultures pourrait donc être opportun. Celles qui portent des fleurs pourraient même attirer d'autres ennemis des pucerons... mais aussi, hélas, d'autres ravageurs ! Favoriser les auxiliaires sans favoriser les ravageurs est une difficulté majeure de la lutte biologique par conservation. Il faut donc maintenant savoir si les " mauvaises herbes " ont, dans différents sites et sur plusieurs années, un impact sur la colonisation des parcelles de culture par les auxiliaires et sur la régulation des populations de ravageurs.
Type de document :
Article dans une revue
Têtes chercheuses, 2010, 13, pp.16-17
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Contributeur : Céline Martel <>
Soumis le : vendredi 7 septembre 2012 - 15:52:00
Dernière modification le : mercredi 16 mai 2018 - 11:23:28

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  • HAL Id : hal-00729686, version 1

Citation

Josiane Le Corff, Pauline Le Guigo. Le puceron et la moutarde. Têtes chercheuses, 2010, 13, pp.16-17. 〈hal-00729686〉

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